Merci aux ambitieux de s’occuper du monde à ma place, Georges Picard


1540-1Titre :
Merci aux ambitieux de s’occuper du monde à ma place
Auteur : Georges Picard
Editions : José Corti
Genre : littérature contemporaine / essai
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 150

Résumé : « Retiré dans un village de la Beauce profonde, le narrateur écrit à un ami qu’il n’a pas revu depuis quinze ans. Dans cette lettre peu conventionnelle, il lui confie ses colères, ses rires et son scepticisme vis-à-vis des valeurs artificielles d’une société où personne n’est jamais content, où chacun veut tout et son contraire, faute de comprendre qu’il n’y a pas de vie idéale, seulement des arrangements. Ce moraliste sans catéchisme aime Baudelaire, Georges Perros, Jean-Claude Pirotte, écrivains qui ont, comme lui, un sentiment mélancolique de l’existence. Son goût pour les idées paradoxales, les apories psychologiques et les traits d’ironie donne à sa lettre le piquant d’un pamphlet et la nonchalance d’un art discret de vivre. »

Mon avis : une lecture très originale

Tout est dans le titre !

Les titres et les couvertures ont pour moi – peut-être bêtement – une importance dans le choix de mes lectures. Alors quand j’ai lu ce titre-là, où pointe une certaine ironie critique, ma curiosité a vraiment été titillée. 

Entre littérature contemporaine et essai, ce livre est difficilement classable parmi les genres littéraires. Ce très court livre (de 150 pages) est une simple lettre qu’écrit le narrateur à son ami Martinu qu’il n’a pas revu depuis quinze ans. Cette lettre n’est en réalité qu’un prétexte pour évoquer certains travers de notre société qu’il tourne en dérisions, sans jamais s’épargner lui-même.

Le narrateur en passant par le rire, la colère et parfois le scepticisme dépeint les valeurs artificielles de notre société avec une simplicité frappante. Cette fine analyse passe notamment par la description de personnages que l’on a tous déjà rencontré dans notre vie : le fonctionnaire « Connard Fini » ou encore le bougre « Jean Foutre. »

Georges Picard défend dans cette lettre l’oisiveté, le bricolage, la simplicité. Ce qui le conduit à préférer l’orgueil du solitaire à l’ambition. Il remet en question les fondements de ceux qui veulent à tout prix réussir. Mais qu’est-ce que la réussite ? C’est bien cette question que je me suis posée durant le temps de ma lecture. L’auteur n’apporte pas véritablement de réponse mais il a le mérite de nous questionner, de nous faire voir le monde et la société sous un angle original qui, parfois, nous pousse vers nos retranchements.

Le véritable point fort de ce livre est le style de l’écriture. Si à première vue, on pourrait penser qu’il s’agit d’une critique acerbe de notre société, Georges Picard écrit avec beaucoup d’humour et sans mélancolie visible. La lecture en devient très agréable car elle ne se confond surtout pas avec une énième critique d’un réactionnaire bougon.

Enfin j’associerais presque cet écrit à de la philosophie. Non pas la philosophie de ce que l’on pourrait appeler « les Grands philosophes » mais plutôt une réflexion d’un homme de soixante ansMerci aux ambitieux de s’occuper du monde à ma place est une analyse sans prétention et accessible à tous : et c’est bien agréable ! A l’image même du titre, l’auteur nous montre que l’on peut « philosopher« , « réfléchir sur notre société » sans prendre des airs qui pourraient s’apparenter à de la condescendance. En clair, cette modeste lettre n’a pas l’ambition d’être rangée parmi les classiques de la littérature et de la philosophie mais elle est accessible pour un grand nombre, ce qui est d’autant plus appréciable.

Même s’il s’agit d’une lecture un peu inhabituelle pour moi, je tenais à vous la présenter pour vous montrer qu’il existe des lectures – a priori sérieuses – qui pourraient plaire à un grand nombre du fait de leur accessibilité. D’autres titres de cet auteur comme Le génie à l’usage de ceux qui n’en sont pas ou encore Du malheur à trop penser à soi me donnent bien envie de poursuivre ma découverte. Je conseille donc cette lettre – qui se lit d’une traite – à celles et ceux qui ont envie de lire des essais ou des réflexions sur notre société « sans se prendre la tête » tout en prenant beaucoup de plaisir à lire une si belle écriture.

Note : 16/20

Romanesquement vôtre,

Marion

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4 commentaires sur « Merci aux ambitieux de s’occuper du monde à ma place, Georges Picard »

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