Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth

9782211228138Titre : Un sari couleur de boue
Auteur : Kashmira Sheth
Edition : Ecole des loisirs
Genre : littérature jeunesse / adolescent
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 334 p

Résumé : « Leela a été fiancée à deux ans, mariée à neuf. À treize ans elle s’apprête à s’installer dans sa belle-famille quand son mari, mordu par un serpent venimeux, meurt de ses blessures. Dans l’Inde des années 1920, il y a pire que d’être un intouchable. C’est être une veuve. Leela va devenir une morte vivante. Rester cloîtrée pendant un an. Ôter tous ses bijoux, se raser la tête et ne plus porter qu’un sari spécial couleur de boue. Elle ne devra jamais se remarier. Partout où elle passera, elle portera malheur. Elle est au désespoir. Heureusement, Leela peut compter sur quelques alliés : Kanubhai, son frère aîné, qui a promis de revenir l’aider ; Saviben, sa directrice d’école, qui est décidée à lui donner des cours à domicile. Ainsi que Gandhiji, un drôle de bonhomme qui prend fait et cause pour les paysans, les tisserands et tous les opprimés. D’ailleurs, celui-ci commence à bousculer les traditions et les consciences dans tout le pays… »

Mon avis : une lecture très passionnante et agréable

J’ai eu envie de lire ce « livre sélectionné par le ministère de l’Education nationale », comme il écrit sur la quatrième de couverture, non pas seulement pour ses bonnes critiques mais, surtout, pour sa jolie couverture et sa promesse d’évasion : direction l’Inde des années 1920, ses saveurs et ses senteurs épicées. 

Dès les premières pages, dès les premiers mots, nous embarquons pour un voyage en Inde et, plus encore, dans les mentalités de ce peuple à la fin de la première guerre mondiale, déchirées entre un désir de progrès social, politique et technique et un respect des traditions ancestrales.

L’auteure réussit à nous plonger dans cette culture de manière très pertinente, notamment avec l’utilisation de mots indiens (dont la définition est explicitée à la fin). Le point fort de ce roman, à mon sens, concerne les délicieuses descriptions qui nous sont livrées à travers les yeux de Leela. Son regard décrypte avec précisions les mille et un détails qui font la beauté des paysages et de son entourage. Les références multiples à la nature dans ses descriptions rendent son discours extrêmement poétique. La plume de Kashmira Sheth m’a charmée par sa poésie et sa simplicité même.

Tout au long de ma lecture, l’odeur des plats parfumés, colorés et savoureux m’a donné l’eau à la bouche. Ce roman n’est pas à dévorer mais à déguster !

Au-delà de cette immersion culturelle, Un sari couleur de boue nous présente le parcours d’une jeune fille qui, en grandissant, devient un esprit critique dans une Inde encore marquée par des traditions à contre-courants des évolutions sociales et politiques qu’elle connaît à cette époque. Grâce à la littérature, la philosophie, les bouleversements politiques mais aussi la découverte d’un curieux personnage – Gandhi – Leela remet en question ses propres convictions et l’état actuel du monde dans lequel elle vit. Elle cherche sa place en tant que femme dans une Inde qui enferme, cache, exclue les veuves « porteuses de malheur ».

C’est un beau roman sur la liberté et les pouvoirs de l’éducation dans l’émancipation – à tous les niveaux – des femmes, d’un peuple, d’une société.

Si la forme du livre et le style de l’auteure m’ont plu, le fond de l’histoire ainsi que les sujets abordés m’ont tout autant réjouit. Ce roman jeunesse se lit très facilement et très rapidement sans manquer d’intérêt : j’aurais aimé le lire au collège d’ailleurs ! Mais il me semble qu’il a tout à fait sa place entre les mains d’un adulte qui fait toutefois abstraction de la simplicité d’usage pour ce genre de roman. Je conseille ce livre à tous ceux qui ont un désir d’évasion ou qui s’intéressent aux questions de l’émancipation des femmes.

Enfin, la portée de ce livre prend tout son sens quand on découvre que Kashmira Sheth s’inspire de la vie de sa grande-tante Maniba, à qui elle rend hommage, pour écrire cette histoire pleine d’espoir.

Note : 17/20

Romanesquement vôtre,

Marion

Publicités

4 commentaires sur « Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s