Dans le café de la jeunesse perdue, Patrick Modiano

Titre : Dans le café de la jeunesse perduebm_484_1741404
Auteur : Patrick Modiano
Edition : Folio
Genre : classique – contemporain
Année de parution : 2007
Nombre de page : 160

Résumé : « Encore aujourd’hui, il m’arrive d’entendre, le soir, une voix qui m’appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n’y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d’été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L’Eternel Retour. »

Mon avis : une lecture troublante

« Pour moi, l’automne n’a jamais été une saison triste. Les feuilles mortes et les jours de plus en plus courts ne m’ont jamais évoqué la fin de quelque chose mais plutôt une attente de l’avenir. » (p23)

 

Flânant dans une librairie, le titre m’a intrigué. L’association des mots « café », « jeunesse » et « perdue » dans une même phrase m’a tout de suite plu. Je me suis donc lancée à la découverte de cet auteur qui a reçu le Prix Nobel de littérature en 2014.

Sans détours, on entre dans la tête de plusieurs personnages qui ont connu une jeune fille mystérieuse surnommée « Louki« . Alors qu’ils s’essaient à la description de ce personnage volatile, on plonge avec eux, au temps de leur jeunesse, à sillonner les cafés parisiens des années 1950-60.

Ce roman se caractérise principalement par l’enchaînement de quatre voix. Les changements brusques entre ces quatre narrateurs (un étudiant de l’école des Mines, un détective privé, l’héroïne et un de ses amants) sont très déstabilisants et s’opèrent parfois avant que l’on s’en rende compte. Ce récit assez perturbant s’alliant néanmoins à un style très fluide, la lecture devient plus facile et agréable.

Pour apprécier ce roman, il me semble nécessaire d’admettre que l’on ne puisse pas tout saisir. Il faut accepter le fait que les mots coulent entre nos doigts, à la manière de Louki qui échappe à tous les personnages.

Perdus. Voilà comment on pourrait décrire simplement tous ces personnages qui cherchent et qui se cherchent mais ne savent pas quoi. A mon sens, ce récit tente de décrire ce sentiment de fuite face à soi-même. J’ai particulièrement aimé les passages où Louki racontait son histoire. Cette jeune fille est si paumée que j’ai été touchée par son besoin crucial de protection et de consolation.

Dans les cafés de la jeunesse perdue est un hymne à la mélancolie quand bien même Patrick Modiano ne l’évoque jamais explicitement. Cette lecture m’a chamboulée en laissant derrière elle le goût amer que peut avoir, parfois, la nostalgie. Sans pour autant être triste, je déconseille ce roman à ceux qui sont à la recherche d’une lecture « feel good ».

NOTE : 15/20

Romanesquement vôtre,

Marion

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